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Métier : photographe

Robert Doisneau, Martine Franck, Yann Arthus-Bertrand... autant de grands noms de la photo dont les clichés ont fait le tour du monde. Mais le métier de photographe ne compte que peu d’élus.

Nature du travail :

Photographier et développer

Le cliché du photographe baroudeur qui couvre les guerres et les catastrophes a la vie dure. Il est pourtant loin de refléter la réalité. Ces professionnels de l’image interviennent en effet dans des domaines très variés. Cela va de la presse à la publicité en passant par l’industrie, la science, la médecine et le renseignement militaire, sans oublier les mariages et les écoles.

Actualité, mode, portrait de famille, paysage… si la spécialité diffère, le principe est toujours le même. Il s’agit de réaliser des prises de vues. Angle, lumière, cadrage vont alors de pair avec le choix du sujet, du thème, du reportage. Avant d’appuyer sur le déclencheur, une préparation s’impose. Le, ou la, photographe peut être à l’initiative du projet ou bien répondre à la commande d’un client ou d’un service photo.

Les travaux d’exécution sont le plus souvent confiés à des laboratoires. Les techniciens, appelés aussi photographes de laboratoire , traitent chimiquement le négatif (développement), le transposent sur papier (tirage), et le retouchent si nécessaire. Ils effectuent les opérations de finition : vérification, calibrage, mise en sachet, tarification. Dans un magasin, il leur faut aussi assurer la vente et le conseil auprès de la clientèle.

Mais le passage au numérique a bouleversé la donne. L’ordinateur (CD-Rom, Internet) peut désormais se substituer au tirage papier et surtout au traitement du négatif. Grâce au support numérique (qui remplace le film argentique), on peut apprécier immédiatement le résultat, et le document d’origine peut être modifié avec un logiciel. Cette technique facilite également la commercialisation et l’archivage des épreuves. Un gain de temps et d’argent auquel peu de personnes résistent encore !

Conditions de travail :

Des statuts très divers

C’est un métier aux multiples facettes. La chambre syndicale distingue six catégories de professionnels. Le photographe plasticien, qui se sert de la photo comme d’une toile ou d’un pinceau, est classé dans la catégorie des artistes. Le photographe de presse, qui a le statut de journaliste, est salarié ou pigiste. Le photographe de mode, de publicité, d’industrie, d’architecture ou de portrait cédant des droits d’utilisation est considéré comme photographe auteur.

Ce même photographe, s’il fait en plus de la photographie sociale (portrait, mariage, baptême, scolaire) et de la transformation (développement et tirage pour son propre compte), est répertorié comme artisan. Celui qui possède une boutique, vend et réalise le façonnage, passe dans la catégorie des commerçants ou des artisans-commerçants. S’il opère exclusivement pour une entreprise, c’est un salarié.

Une majorité de photographes est employée par de grandes sociétés (Kodak, Fuji…), des administrations ou des collectivités locales. L’activité est mixte (prise de vues et développement). Les prises de vues s’effectuent en studio ou en extérieur. Le développement se fait en laboratoire, debout devant une machine, dans l’obscurité. Dans les mini-labs, les professionnels sont en contact direct avec la clientèle.

Quant aux reporters, ils répondent surtout à des commandes d’agences (de presse, documentaires, photothèques).

Les horaires de travail varient avec le lieu d’exercice et le secteur choisis. Très irréguliers, ils dépendent de la demande de la clientèle. Les impératifs de rentabilité imposent un rythme soutenu et une autonomie relative. Il n’est pas rare que les photographes soient appelés à la rescousse à la dernière minute. Le stress est alors souvent au rendez-vous !

Vie professionnelle :

Une insertion professionnelle difficile

Les postes dans la prise de vues sont rares. Il est possible de commencer comme assistant chez un photographe de renom, mais on est souvent peu rémunéré. Beaucoup optent pour le free-lance (travail indépendant). Le book (recueil des travaux effectués) est alors essentiel. Plus facile d’accès, le secteur des laboratoires accueille tous les niveaux de qualification : employés (du CAP au bac pro), techniciens et cadres (BTS, écoles supérieures).

Rémunération

Le salaire mensuel minimum est d’environ 1 100 euros brut, ce qui correspond à peu près au revenu d’un débutant titulaire d’un CAP. Le titulaire d’un bac pro perçoit, lui, entre 1 700 et 1 900 euros brut, et celui d’un BTS entre 2 100 et 2 700 euros. Enfin, la journée de prise de vues d’un photographe à son compte est rémunérée en fonction de sa notoriété, du marché et de la concurrence. Pour un petit studio de province, le tarif varie de 100 à 600 euros, voire au-delà.

Compétences :

Esprit créatif et technique

Photographier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur. C’est une façon de vivre , disait Cartier-Bresson. Musées, livres, voyages… tout est bon pour aiguiser son oeil, apprendre à regarder, affiner sa personnalité. La réussite réside d’abord dans une bonne culture de l’image. Cependant, une excellente technique photographique, et maintenant informatique, se révèle indispensable pour le travail en laboratoire comme pour les prises de vues. Une retouche de négatif ou un jeu de couleurs ne s’improvisent pas.

La créativité est primordiale dans la photo d’art comme dans la photo commerciale. Elle s’exprime à travers la composition, la valeur symbolique des objets ou des personnages choisis, le cadrage, l’utilisation de l’éclairage, du décor… Ce talent artistique doit s’allier à une rapidité d’exécution et à un respect du cahier des charges. Autre priorité : un bon sens relationnel. Indépendant ou chef d’entreprise, le photographe doit en effet être capable de vendre ses savoir-faire, de convaincre des clients, d’initier ou de négocier des projets.

Accès au métier :

Du CAP au niveau bac + 5

Il n’y pas de cursus type. Ici plus qu’ailleurs, l’expérience prime. Mais la concurrence est sévère et les diplômes vivement recommandés. Au niveau 3e , il existe un DNSEP Diplôme national supérieur d’expression plastique option communication (DNSEP, bac + 2) est orienté vers la photographie.

Autre alternative : les écoles de photographie, qui délivrent des diplômes de niveau bac + 2 à bac + 5. Une dizaine d’entre elles sont reconnues par la profession. Citons notamment l’école des Gobelins (www.gobelins.fr), qui dépend de la CCI de Paris, l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles (www.enp-arles.com ), l’École nationale supérieure Louis Lumière (www.ens-louis-lumiere.fr), l’École nationale supérieure des arts décoratifs (www.ensad.fr). De nombreuses écoles privées, parfois très chères, offrent des prestations de qualité inégale.

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© GRAPHORAMA.net - 11/10/2007